Mon rêve à moi : c'est Sameh Harakati, ma femme

La détention tunisienne de mon épouse n'est plus un secret pour personne.
Cette histoire tragique pour mon couple m'a autorisé à revoir ma copie sur le concept de l'union.
Je me suis marié avec ma Sameh en réalisant un de mes rêves, celui de construire un couple pour fonder une famille heureuse.
Certains diront que l'on ne peut pas être un homme à part entière tant que l'on ne sait pas marié et que l'on a donné la vie.
J'ai vécu des moments exceptionnels auprès de ma femme, notre mariage puis sa détention brutale a tout brusquement stoppé.
Mon côté romantique et bon enfant ne voulaient pas croire que l'on pouvait me priver de la femme que j'aime.
Malgré mes protestations et mes nombreuses interventions, je n'ai pas réussi à faire valoir son droit de vivre libre.
La Tunisie qui était dans mon cœur depuis ma naissance venait de trahir cet amour en me privant du visage de ma femme.
Je ne pouvais pas admettre que l'on puisse être aussi cruel au point de détruire la vie de plusieurs personnes.
La Tunisie était à mes yeux comme une mère et une mère ne peut pas faire du mal à son fils, du moins c'est l'idée que je me faisais de la vie.
Une mère est toujours juste et quelques soit les circonstances, elle est là pour chérir ses enfants, leurs montrer l'exemple et le droit chemin.
Mais comment réagir lorsqu'une mère ne se comporte pas avec toute la sagesse qui lui est dû ?
Seulement je garde l'espoir de revoir très vite ma Sameh dans mes bras car sans l'espoir il n'y a plus de vie.
On passe notre existence à attendre avec impatience le jour de notre mariage puis se rêve se transforme en cauchemar.
On découvre progressivement une autre Tunisie, la mère qui est en face de nous devient une étrangère.
Plus on tente de la comprendre et plus elle s'enferme dans le mystère de l'illogique.
Je reste intrigué que l'on puisse me priver de ma Sameh Harakati au nom d'une justice qui refuse d'assumer ses erreurs de procédure.
Je me sens aujourd'hui orphelin d'une Tunisie qui a repoussée mon affection.
Je suis marié et seul à la fois avec l'absence involontaire de ma femme.
Le fait de retrouver mon épouse libre reste mon principal rêve.
J'envisagerai par la suite de faire la paix avec ma mère, de retrouver sa confiance et son amour.
Je n'ai pas épousé ma Sameh pour lui faire plaisir mais juste pour lui démontrer par ce geste fort mon éternel amour.
Ma vie s'est arrêtée depuis le premier jour de sa captivité et avec la grâce de dieu, elle ne reprendra qu'avec sa libération.
Vouloir retrouver ma Sameh Harakati libre est un de mes rêves, le rêve qui dépasse de très loin tous les autres.
Commentaire de monsieur Ben-Taieb Farid
Le 18 septembre 2008
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